Une récolte décevante vient souvent d’une mauvaise coupe, réalisée au mauvais moment ou sur les mauvaises tiges. La taille des framboisiers dépend surtout de leur type, remontant ou non remontant, puis de l’objectif recherché. Je vous explique comment reconnaître les cannes utiles, quand intervenir et comment choisir entre deux récoltes ou une production automnale plus généreuse.
Les bons gestes pour obtenir des framboises plus régulières
- Identifiez la variété avant de sortir le sécateur.
- Sur un non-remontant, supprimez les cannes ayant fructifié juste après la récolte.
- Sur un remontant, choisissez entre deux récoltes ou une seule récolte d’automne.
- Conservez environ 6 à 10 tiges vigoureuses par mètre linéaire.
- Travaillez avec un sécateur propre, par temps sec et hors période de gel.
Commencez par identifier le type de framboisier
La première erreur consiste à couper toutes les tiges de la même façon. Un framboisier non remontant produit principalement sur les cannes de l’année précédente, tandis qu’un remontant peut fructifier sur la pousse de l’année puis à nouveau l’année suivante. Cette différence change complètement le calendrier et la hauteur de coupe.
| Type de framboisier | Période principale de récolte | Tiges à conserver | Principe de taille |
|---|---|---|---|
| Non remontant | Fin du printemps et début de l’été | Les jeunes cannes de l’année | Couper au ras les tiges qui ont déjà produit |
| Remontant | Été puis automne, selon la conduite choisie | Les cannes vigoureuses et bien réparties | Coupe partielle pour deux récoltes ou coupe rase pour l’automne |
Pour les distinguer, observez les rameaux après la récolte. Les anciennes cannes sont souvent brun clair, sèches et ramifiées, alors que les pousses de l’année restent plus vertes, lisses et souples. En cas de doute, l’étiquette de la variété ou la facture de plantation reste plus fiable qu’un simple coup d’œil.
Les variétés non remontantes se taillent après la récolte
Sur un non-remontant, les tiges qui viennent de porter des fruits ne produiront plus correctement. Je les retire donc dès la fin de la récolte, généralement entre juillet et août, en les coupant au niveau du sol. Cette intervention libère de la lumière et de l’espace pour les nouvelles cannes qui porteront les fruits l’année suivante.
- Repérez les tiges qui ont fructifié et commencent à sécher.
- Coupez-les proprement au ras du sol, sans blesser les jeunes pousses voisines.
- Supprimez aussi les cannes faibles, cassées ou malades.
- Conservez les jeunes tiges les plus robustes, espacées régulièrement.
Dans une rangée bien conduite, je garde en général 6 à 10 cannes par mètre linéaire. Trop de tiges donnent une touffe compacte, humide et difficile à récolter. Un éclaircissage raisonnable produit souvent des fruits mieux exposés et limite les problèmes de pourriture grise.
Les cannes restantes peuvent être attachées sur deux fils ou sur un support vertical. Un palissage d’environ 1,50 à 1,70 m facilite la cueillette et évite que les rameaux chargés de fruits ne se couchent au sol.
Les remontants offrent deux stratégies de récolte
Conserver deux périodes de production
Si vous souhaitez récolter en été puis en automne, ne rabattez pas toutes les tiges. Après la récolte automnale, raccourcissez seulement la partie supérieure qui a produit. La portion basse peut encore fructifier au début de l’été suivant, avant d’être supprimée après cette seconde récolte.
Cette méthode demande un peu plus de suivi, mais elle étale la production. Elle convient bien à un jardin familial où l’on préfère cueillir régulièrement pendant plusieurs mois plutôt que récolter une grande quantité en une seule fois.
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Privilégier une récolte d’automne abondante
Pour simplifier l’entretien, vous pouvez couper toutes les cannes au ras du sol en fin d’hiver, hors gel. Les nouvelles pousses produiront alors principalement de la fin de l’été jusqu’à l’automne. La récolte estivale disparaît, mais les fruits sont souvent plus concentrés sur des cannes jeunes et faciles à gérer.
C’est la conduite que je conseille aux jardiniers débutants ou aux petits massifs très denses. Elle réduit les hésitations sur les tiges à garder et limite le risque de conserver du vieux bois porteur de maladies. En revanche, elle ne convient pas si vous tenez absolument aux premières framboises du début de l’été.

Le geste précis pour couper sans affaiblir la touffe
La taille ne demande pas beaucoup de matériel, mais le sécateur doit être propre et bien affûté. Une lame émoussée écrase les tissus et laisse une plaie irrégulière qui cicatrise moins bien. Je désinfecte la lame avant de commencer, puis à nouveau après une tige suspecte ou malade.
- Choisissez une journée sèche, sans gel annoncé.
- Coupez au plus près du sol les cannes destinées à disparaître.
- Pour une tige conservée, retirez uniquement la partie sèche ou ayant déjà fructifié.
- Éliminez les rameaux qui se croisent, se couchent au centre ou frottent contre le support.
- Rassemblez les déchets de taille et évacuez les tiges malades plutôt que de les laisser au pied.
Évitez les coupes répétées et hésitantes. Une coupe nette vaut mieux que plusieurs petites blessures sur la même canne. Sur les sujets vigoureux, le but n’est pas de réduire fortement la hauteur, mais de maintenir une touffe aérée, accessible et bien éclairée.
Après l’intervention, attachez les cannes conservées sans les serrer. Un lien souple laisse le rameau grossir et accompagne ses mouvements sous le vent. Les nouvelles pousses qui apparaissent loin de la ligne peuvent être supprimées ou déplacées, selon l’espace disponible.
Les erreurs qui réduisent vraiment la récolte
La confusion entre remontant et non remontant est la faute la plus coûteuse. Rabattez un remontant au mauvais moment et vous pouvez supprimer les fruits d’été. Taillez un non-remontant au printemps avant sa floraison et vous risquez d’enlever les cannes qui portent la récolte à venir.
- Tout couper au printemps sans connaître la variété.
- Conserver toutes les tiges par peur de perdre des fruits.
- Laisser des souches longues qui se dessèchent et encombrent le pied.
- Utiliser un sécateur sale sur des cannes présentant des taches.
- Tailler par temps humide ou pendant une période de gel.
- Oublier le palissage, puis laisser les rameaux se plier sous le poids des fruits.
Un autre excès fréquent consiste à vouloir compenser une faible récolte par une taille très sévère. Or la production dépend aussi de la lumière, de l’eau disponible et de la fertilité du sol. Une coupe bien menée améliore la répartition de l’énergie, mais elle ne remplace pas un emplacement lumineux ni un arrosage régulier en période sèche.
Un calendrier simple pour garder des cannes productives
| Période | Non remontant | Remontant |
|---|---|---|
| Après la récolte d’été | Couper les cannes ayant fructifié | Supprimer les tiges déjà récoltées si elles ne sont plus utiles |
| Automne | Éclaircir les jeunes pousses et les attacher | Choisir entre conduite à deux récoltes et coupe rase |
| Fin d’hiver | Retirer le bois mort ou abîmé restant | Réaliser la coupe rase ou raccourcir les parties ayant produit |
| Printemps | Garder les cannes vigoureuses et supprimer les rejets trop éloignés | Éviter les coupes importantes si les bourgeons ont déjà démarré |
Ce calendrier reste un repère, pas une règle rigide. Le climat local décale parfois la récolte de plusieurs semaines. Dans les régions froides, j’attends que les fortes gelées soient passées pour intervenir, tandis que dans les secteurs doux, une taille de fin d’hiver peut être réalisée plus tôt si les bourgeons restent dormants.
Le contrôle discret qui prépare la prochaine récolte
Une fois la taille terminée, observez la base du massif. Gardez les pousses bien placées, retirez celles qui envahissent les allées et ajoutez une fine couche de compost mûr autour des pieds, sans l’appuyer contre les tiges. Ce geste nourrit progressivement le sol et améliore sa structure sans provoquer une pousse excessive.
Au printemps et pendant les périodes sèches, surveillez surtout l’humidité du sol. Des arrosages réguliers au pied, associés à un paillage aéré, aident les fruits à rester fermes. Avec des cannes bien choisies, une rangée éclaircie et un support solide, le sécateur fait finalement une grande partie du travail dès lors qu’il intervient au bon moment.